Les échanges et les séjours de formation au Royaume-Uni restent possibles même à l’issue du Brexit; de nouvelles dispositions s’appliquent cependant à l’entrée sur le territoire et concernant les modalités de séjour. Vous trouverez ici un résumé des nouvelles règles.


La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne étant récente, toutes les conséquences n’ont pas encore été clarifiées. Les projets d’échange déjà approuvés peuvent avoir lieu, des demandes peuvent être déposées au cours de l’appel à projets 2021. Toutefois, de nouvelles dispositions s’appliquent à l’entrée sur le territoire et concernant les modalités de séjour. Movetia, dans son domaine de compétence, s’efforce de trouver des solutions pragmatiques aux problèmes en suspens pour que les échanges et la mobilité entre la Suisse et le Royaume-Uni puissent se poursuivre. Vous trouverez sur cette page des informations actuelles au sujet des échanges avec le Royaume-Uni.

Quels sont les effets du Brexit?

Le Royaume-Uni a définitivement quitté l’Union européenne à fin 2020. Cela signifie que les accords conclus entre la Suisse et l’Union européenne ne sont plus valables pour le Royaume-Uni. De nouveaux accords doivent en partie être négociés. Dans le domaine des échanges et de la mobilité, c’est en particulier la libre circulation des personnes qui est concernée: de nouvelles dispositions s’appliquent à l’entrée sur le territoire et concernant les modalités de séjour, par exemple des visas sont nécessaires pour certaines activités. Les projets d’échange et de mobilité impliquant le Royaume-Uni restent néanmoins possibles.

Pour entrer sur le territoire britannique, un passeport est désormais nécessaire (la carte d’identité n’est plus acceptée), et une attestation d’études de l’université, de l’école ou de l’employeur peut être exigée.

Quels sont les effets de la sortie du Royaume-Uni d’Erasmus+?

En quittant l’Union européenne, le Royaume-Uni sort également du programme Erasmus+. A l’issue des négociations, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé le retrait de son pays du programme d’éducation et de formation européen. Les projets en cours impliquant le Royaume-Uni peuvent toutefois être menés à terme.

Le Royaume-Uni mettra en place son propre programme, le Turing scheme. Celui-ci permettra chaque année à environ 35 000 étudiant-e-s du Royaume-Uni de séjourner dans un autre pays du monde, entre autres, probablement, en Suisse. Le Turing scheme ne prévoit pas de soutenir la mobilité incoming, à savoir la mobilité des participant-e-s désireux-ses d’effectuer un séjour au Royaume-Uni. Le gouvernement a déjà doté le nouveau programme d’un budget de 100 millions de livres. L’Irlande du Nord constitue une exception: le gouvernement irlandais souhaite continuer de financer la participation de l’Irlande du Nord au programme Erasmus+.

Movetia continue-t-elle de financer les séjours de formation au Royaume-Uni?

Rien ne change pour les projets en cours et l’appel à projets 2021 du programme suisse pour Erasmus+. La mobilité depuis et vers le Royaume-Uni est encore et toujours subventionnée. Le programme d’assistance de langue entre la Suisse et le Royaume-Uni se poursuit lui aussi.

Pour les années suivantes, le SEFRI et Movetia étudieront de nouvelles opportunités de collaboration avec le Royaume-Uni; le cadre légal existe déjà (loi fédérale sur la coopération et la mobilité internationales en matière de formation, LCMIF).

Etudier et apprendre au Royaume-Uni: quelles sont les règles?

Aucun visa ne sera nécessaire pour les personnes étudiant dans une haute école ou une école britannique durant moins de six mois. Le but du séjour est toutefois clairement limité aux études: il n’est pas autorisé d’exercer une activité rémunérée ou bénévole pendant le séjour.

En revanche, depuis le 1er janvier 2021, les étudiant-e-s souhaitant séjourner plus de six mois au Royaume-Uni doivent disposer d’un visa étudiant. Pour se voir accorder une autorisation de séjour, il faut présenter la preuve de l’obtention d’une place dans l’une des écoles ou des hautes écoles mentionnées dans cette liste. De plus, il faut prouver qu’on dispose de suffisamment de moyens pour financer son séjour et de bonnes connaissances de l’anglais. La demande de visa peut être remplie en ligne et coûte 348 livres. Les détenteur-trice-s d’un visa doivent par ailleurs payer une «immigration health surcharge» pour accéder au NHS, le service de santé publique britannique. Pour les étudiant-e-s et les élèves, ces frais s’élèvent à 470 livres par année.

Les élèves et les étudiant-e-s mineur-e-s (de 4 à 17 ans) doivent demander un visa étudiant pour enfant. En plus des preuves susmentionnées, ils/elles doivent présenter l’accord de leurs parents.

Pour les séjours linguistiques d’une durée de six à onze mois, un visa étudiant de court séjour est nécessaire. Le coût de ce visa s’élève à 186 livres; s’y ajoutent les mêmes frais de couverture sanitaire de 470 livres.

Quelles règles s’appliquent aux séjours de courte durée des enseignant-e-s et du personnel des institutions de formation?

Aucun visa n’est nécessaire pour les séjours du personnel d’une durée maximale d’un mois. Vous trouverez de plus amples informations sur la page Web «Check if you need a UK visa».

Accès au marché du travail britannique: stages professionnels et universitaires

Un visa de travail temporaire Tier 5 est nécessaire pour effectuer un stage ou un stage professionnel au Royaume-Uni à partir de 2021. Pour l’obtenir, il faut, entre autres, disposer d’un sponsor britannique. Si celui-ci peut être le British Council pour les mobilités effectuées dans le cadre du programme Erasmus+, cette solution n’est pour le moment pas possible pour les mobilités depuis la Suisse. Des entretiens sont en cours entre la Suisse et le Royaume-Uni pour trouver une solution bilatérale simplifiée. Dès que les résultats des premières expériences seront disponibles, nous communiquerons les processus à suivre pour accéder au marché du travail.

Accès au marché du travail britannique: les assistant-e-s de langue ont-ils/elles besoin d’un visa?

Un visa de travail temporaire Tier 5 est également nécessaire dans le cadre d’un séjour d’assistance de langue au Royaume-Uni. Le visa doit être soutenu par le British Council. Il peut être demandé trois mois au plus tôt avant le séjour et coûte 244 livres. Les détenteur-trice-s d’un visa doivent par ailleurs payer une «immigration health surcharge» pour accéder au NHS, le service de santé publique britannique. Pour les détenteur-trice-s d’un visa Tier 5, les frais s’élèvent à 624 livres par année (seulement si le séjour dure plus de six mois). La durée du visa est de 24 mois au maximum.

Quelles règles s’appliquent aux mobilités des Britanniques (UK) en Suisse (incoming)?

La fin de la libre circulation des personnes entre la Suisse et le Royaume-Uni a également un impact sur les mobilités incoming. Les mobilités depuis le Royaume-Uni vers la Suisse font désormais partie de la catégorie des Etats tiers, et il faut demander une autorisation de séjour et un permis de travail.

Pour les étudiant-e-s et les élèves du Royaume-Uni, cela signifie concrètement:

  • Séjour de moins de trois mois: Pour les citoyens britanniques l’entrée sur le territoire suisse est possible sans visa, et aucune autorisation de séjour n’est nécessaire.
  • Séjour de plus de trois mois: Pour les citoyens britanniques l’entrée sur le territoire suisse est possible sans visa. Après avoir obtenu une attestation d’admission de l’école ou de l’institut de formation, l’étudiant-e ou l’élève doit déposer une demande d'autorisation de séjour auprès de l'autorité cantonale compétente avant ou après l'entrée en Suisse. Pour cela, il/elle doit remplir plusieurs conditions: avoir une attestation de l’école ou de l’institut de formation, prouver qu’il/elle dispose de moyens financiers suffisants et d’un logement adapté et déposer son plan d’études et son curriculum vitæ. De plus, la personne doit disposer d’une assurance-maladie. 

Pour les stagiaires et les assistant-e-s de langue:

  • Une autorisation de séjour et un permis de travail sont nécessaires, quelle que soit la durée du stage ou de l’assistance.
  • L’ensemble des stages, des stages professionnels, des volontariats et des emplois non rémunérés font partie de cette catégorie.
  • L’employeur doit demander un permis de travail auprès des autorités cantonales compétentes. Le coût varie selon les cantons. La personne doit s’inscrire auprès de sa commune (son lieu de résidence doit se situer dans le même canton que son lieu de travail) dans les 14 jours suivant son arrivée en Suisse. Pour cela, elle doit présenter son contrat de travail, son passeport et un document attestant qu’elle dispose d’une assurance-maladie.

Pour la participation à des conférences, à des formations continues et à des manifestations semblables qui durent moins de trois mois, aucune autorisation d’entrée et de séjour n’est requise.